Cinq cent ans après sa mort, Anne de Bretagne demeure une figure historique emblématique et controversée. Certains voient en elle un personnage autoritaire et égocentrique alors que les poètes de cour louaient un “cœur chaste et pudique, magnanime et franc”. Qui était-elle réellement ?

Anne est née le 25 janvier 1477 à Nantes au château des Ducs. Fille de François II, duc de Bretagne et de Marguerite de Foix. Elle n’avait que 11 ans lorsqu’elle succéda à son père et devint duchesse de Bretagne.

Le 14 décembre 1490, elle épousa par procuration Maximilien d’Autriche. Ce mariage était une provocation que Charles VIII ne pouvait accepter.

Le roi de France envahit donc le duché et vint mettre le siège devant Rennes, où se trouvait Anne, afin de la faire renoncer à cette union. Finalement, elle consentit à épouser Charles VIII en échange du maintien de ses droits sur son duché et d’une fiscalité allégée.
A la mort de son époux, elle accorda sa main à Louis XII. Ainsi, la duchesse devint deux fois reine de France.

Les historiens se perdent en conjectures sur l’apparence et la beauté de la duchesse. On peut retenir la description de l’ambassadeur de Venise Zaccaria Contarini: “Elle est de petite taille, fluette, et elle boite visiblement d’une jambe bien qu’elle porte des chaussures à hauts talons pour cacher sa difformité. Elle a le teint foncé et elle est assez jolie.” L’historien Bertrand Frelaud l’a décrite comme “une femme de caractère, incarnation de l’entêtement des Bretons.”

Elevée dans une morale austère, sage et très pieuse, Anne de Bretagne portait un grand respect pour les préceptes religieux. En 1492, Charles VIII lui fit construire un oratoire en pierre au Château du Clos Lucé. Anne aurait appris le français, le breton, le latin, le grec et même un peu l’hébreu. Alors que son mari était avare, elle géra son patrimoine avec sérieux, ce qui ne l’empêchait pas d’être généreuse. Elle ne manquait pas de faire distribuer chaque jour d’abondantes aumônes aux pauvres. Elle laissa un héritage immense à ses deux filles Claude et Renée.

Fatiguée par les grossesses et les fausses couches, la santé d’Anne décline au fil des ans. Atteinte de la gravelle (ancien nom des coliques néphrétiques), la reine est de plus en plus affaiblie. A la veille de Noël 1513, elle reste alitée, dans un état préoccupant. Elle décède le 9 janvier 1514. Conformément à ses dernières volontés, son cœur est prélevé et conservé dans un reliquaire en or sur lequel sont gravés ces vers :

En ce petit vaisseau de fin or pur et munde,
Repose ung plus grand cueur que oncque dame eut au munde ;
Anne fut le nom d’elle en France deux fois roine,
Duchesse des Bretons royale et souveraine.

SOURCE: UNIVERSITE de RENNES